09 Jan, 2016 - Fabrice Queguineur

Point de Marché - Semaine 1 (2016)

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market update

L’élément le plus compliqué de la narration reste l’exorde. En rhétorique, la première partie du discours, le commencement. Alors qu’est-ce qui a déclenché cette folle semaine sur les marchés mondiaux ? L’indice américain S&P500 finit en baisse de -5.96%, le MSCI World -6.09%, l’indice français CAC40 -6.54% et le Hong Kong Stock Index termine à -6.67%.

Dès le lundi, les médias généralistes expliquaient que la baisse des marchés en Europe et aux Etats-Unis était liée à « l’effondrement » des bourses chinoises. En réalité, ceux sont les bourses régionales chinoises qui plongent en ce premier jour de l’année, testant les « coupe-circuits » à -5 et -7% tout nouvellement imposés par les autorités locales. Un non-sens lorsque l’on sait que ces bourses sont majoritairement détenues par les investisseurs particuliers chinois et par conséquent habituées à de très fortes volatilités. Ces mesures ont par ailleurs été abandonnées dès le jeudi. Mais revenons à l’étincelle qui a mis le feu aux poudres ; les mauvais chiffres de la production en Chine. L’empire du soleil levant, premier producteur au monde, donne le ton de la croissance mondiale selon les experts et le chiffre de l’ISM Manufacturier est tombé à 48.2 contre 48.9 attendu. Les investisseurs craignant un ralentissement de la croissance mondiale se sont donc empressés d’engranger les gains accumulés depuis 2011. On assistera toute la semaine à un « flight-to-quality » des plus classiques, un phénomène que l’on avait presque oublié tellement les banques centrales ont inondées les bourses de liquidités bon marché ces dernières années. C’est le grand retour de l’or et du yen. Je passe volontairement sur la dégringolade du pétrole brut pour mieux y revenir plus tard.

Quid du positionnement court-terme de nos portefeuilles me direz-vous ? Les lecteurs de notre commentaire mensuel et nos clients savent que nous avons protégés nos choix d’investissement courant Septembre 2015. Nous avons sorti notre allocation obligataire et l’avons remplacé par des fonds en euros à capital garanti. Nous avons augmenté notre position en actions or et métaux précieux et profitons de la baisse récente du baril de brut pour renforcer notre investissement dans le secteur de l’énergie. Ce vendredi nous avons également racheté 50% des protections que nous avions mises en place. Nous serons exécutés sur les valeurs liquidatives ce lundi. Nos portefeuilles d’assurance-vie finissent ainsi en hausse à l’issue d’une semaine épique.

Et maintenant ?

Nous rentrons dans la partie court-terme la plus difficile à gérer car d’un côté les indicateurs techniques affichent des marchés actions désormais survendus et l’analyse graphique pointe le premier support important à 1,900 sur les futures américains. D’un autre côté, la volatilité à l’approche de ce support risque d’être importante. Le contexte de hausse des taux directeurs, certes modeste et graduelle selon les termes de la FED, devrait être défavorable à moyen terme aux obligations. Notre anticipation de croissance faible, mais continue, devrait également pénaliser les entreprises ayant un fort levier financier. Ainsi, nous préférons éviter les obligations « corporate » à haut-rendement. Depuis 2011, il ne faisait pas bon être contrariant dans un marché ou chaque tendance a été exacerbée. Nous pensons que 2016 invalidera le style de gestion « suiveur de tendance ». Le pétrole devrait se normaliser autour de US$50 le baril de brut WTI, entrainant un rallye important dans le secteur de l’énergie traditionnelle. Ainsi, nous maintenons notre préférence aux Gérants de convictions mais également transparents dans leur reporting.

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